L'histoire Le professeur Les artistes Galeries Historique Catalogue médias Recherche actuelle Éducation
L'histoire L'histoire - Chef Baptiste George - citation

Chef Baptiste George

Un homme, le chef Baptiste George, décida de préserver la force des siens. Il anticipa la nécessité pour les siens de prendre le contrôle de leur destin alors qu'il assistait au début d'une nouvelle ère dans la vallée d'Inkameep, une ère à laquelle il désirait que ses enfants et les siens soient préparés. Au lieu d'envoyer les jeunes enfants au loin dans les pensionnats pendant dix mois d'une traite, il pressentit que les siens s'épanouiraient avec plus de vigueur au sein de leur propre communauté. Il voulut la construction d'une école de jour pour regrouper les siens et préserver les enseignements de l'Okanagan. Il savait que les siens devraient apprendre à traiter plus d'affaires à l'extérieur de la réserve. Naturellement, une école relevant de la réserve permettrait aux gens d'accéder à l'autonomie et à l'enseignement des nouveaux modes de commercialisation. Grâce à la conjonction de ces nouveaux enseignements et des enseignements traditionnels de l'Okanagan, les siens seraient capables de réussir dans les deux communautés.

Sept mois après que le chef Baptiste George eût écrit au ministère des Affaires indiennes (MAI) pour demander l'établissement d'une école de jour dans sa communauté, l'école ouvrit ses portes en 1915. La bande d'Osoyoos construisit l'école à partir de ses propres fonds, engagea et paya le salaire du premier professeur de l'école, John Norwood. Norwood était un Afro-Américain qui avait épousé une femme Okanagan de Penticton; on l'engagea parce qu'il parlait la langue Okanagan. Norwood enseigna l'Anglais aux enfants pendant à peu près un an et demi puis il donna sa démission en 1916. Le chef Baptiste George était un partisan convaincu de l'éducation nouvelle dans la vallée de l'Okanagan. Il était persuadé qu'on pouvait offrir ce genre d'éducation aux enfants qui fréquentaient les écoles de jour. Son plus grand désir était d'éduquer les siens et de voir que "les jeunes apprendraient à devenir des hommes et des femmes de bien avant tout". Chacun dans la communauté d'Inkameep trouvait important que l'école de jour fonctionne de façon régulière et soit ouverte de septembre à juin tous les ans. Au cours des premières années de l'histoire de l'école, de nombreux professeurs vinrent à Inkameep et en partirent. Ce n'est que grâce à l'insistance des parents pour que l'école reste ouverte que le ministère des Affaires indiennes persista à engager continuellement de nouveaux professeurs.

Ainsi, au long de son histoire, l'école de jour d'Inkameep ouvrit et ferma ses portes parfois pendant des mois. C'était dû à la difficulté de garder à long terme des professeurs expérimentés qui pourraient résister aux conditions de l'enseignement et de la vie dans la réserve, conditions qui différaient énormément de celles auxquelles ils étaient personnellement habitués. Les professeurs devaient se montrer capables de vivre dans une région rurale et pauvre et de résister à l'isolement qu'entraînaient de durs hivers. La religion joua aussi un rôle dans l'embauche des professeurs. Les prêtres de l'Église catholique romaine exerçaient une grande influence sur l'emploi d'un professeur catholique romain. Il existait également une grande concurrence avec les écoles municipales qui engageaient de nombreux professeurs. Le gouvernement recevait des candidatures par la poste et ces candidats indiquaient leur âge, leur religion, leurs qualifications, leurs diplômes, et leur expérience. Une lettre avertissait ces candidats des conditions qui les attendaient à Inkameep. Si le gouvernement n'était pas capable d'interroger un postulant en personne, on lui permettait néanmoins d'exercer un enseignement provisoire à Inkameep. Lorsque c'était possible, le ministère des Affaires indiennes favorisait les candidats qui possédaient une formation normale collégiale, quelques connaissances de la culture Okanagan et qui pouvaient supporter les conditions de vie à Inkameep. Un total de sept professeurs enseignèrent à l'école entre 1915 et 1931. Ceux que le ministère des Affaires indiennes avait embauchés et qui semblaient le mieux convenir à l'emploi selon les critères du gouvernement se heurtaient souvent au prêtre local, aux aînés ou à certains des parents des élèves d'Inkameep. Il fut vite évident que le professeur idéal devait se joindre à la communauté et en obtenir un soutien et un engagement complets, et pourrait ainsi exercer une grande influence sur elle.

Anthony Walsh, le huitième professeur embauché à l'école d'Inkameep, commença d'enseigner en 1932. Il lui fallut deux années pour que les élèves lui fassent totalement confiance en tant que personne, et partagent avec lui leur perception du monde. Mr. Walsh déclara souvent qu'il "avait essayé de les rencontrer à mi-chemin... et que les enfants lui avaient appris également beaucoup de choses". Durant le temps qu'il exerça à Inkameep, les enfants se plurent à lui enseigner comment observer la nature et reconnaître les bruits et les habitats de la faune locale. Ce qui est bien plus important c'est que ces enfants apprirent à un homme à écouter. Walsh recommandait à ses élèves de s'exprimer, eux et leur belle culture, par le moyen de l'art. À une époque de répression et d'assimilation, l'art et le théâtre renforcèrent leur fierté et en favorisèrent le développement dans la communauté. Cette communauté l'accepta parce qu'il encourageait le fait que les enfants apprennent auprès de leurs familles et des aînés des enseignements de l'Okanagan tandis qu'il leur enseignait les bases mêmes du système d'éducation dominant.

Grâce à l'appui du public envers les œuvres artistiques et théâtrales des enfants d'Inkameep, l'Okanagan Society for the Revival of Indian Arts and Crafts et la Society for the Furtherance of B.C. Indian Arts and Crafts contribuèrent à jeter un pont entre les différences raciales des communautés autochtones et non autochtones. Pour les voisins de la communauté d'Inkameep, la publicité engendrée par les exploits des enfants prouvait combien les préjugés qu'on avait à propos des communautés autochtones partout dans le monde s'avéraient faux. Beaucoup commençaient à s'apercevoir que les enfants ne faisaient pas que re-créer le passé; ces enfants étaient en train d'établir leur identité individuelle. Leur œuvres intégraient les situations actuelles de leur culture et de leur mode de vie, et donnaient une idée de leur destin. Grâce à l'art et au théâtre, les enfants découvraient leur pouvoir. Cette compréhension nouvelle des petites voix de ces enfants se répandit dans tout le Canada et dans le reste du monde. Ils se servaient de leur art pour aider les autres et leur communauté. De concert avec la Society, les habitants d'Inkameep et Mr. Walsh, ils se montrèrent capables de lever des fonds et d'envoyer de l'argent outre-mer par le biais de la Croix-Rouge aux enfants que la guerre avait jetés à la rue. Puisque le gouvernement possédait de petites sommes destinées aux fournitures scolaires dans les écoles de jour indiennes, la Society aida également les enfants à commercialiser leur art pour qu'ils puissent acheter du matériel artistique, des vêtements d'hiver et des livres de bibliothèque.

L'école de jour dont les débuts remontent au commencement du XXe siècle continue d'influencer le monde d'aujourd'hui. À une époque d'assimilation et de régression culturelle, l'art des enfants a proclamé la force de leur culture. Elle a permis au monde de comprendre clairement le potentiel de ces jeunes enfants d'Inkameep qui manifestaient ainsi leur fierté d'accéder à une éducation culturelle. Les enfants se prouvaient à eux-mêmes qu'ils pouvaient être des égaux dans le monde. Grâce à l'école, ils purent réaliser le rêve du chef Baptiste George, qui était de protéger la force des gens et leur communauté.

Page précédente »» Inkameep & Nk'mip



Documents correspondants

Vidéo correspondante
Vidé 21 Segment de Knowledge Network
icôn video Visionner la vidéo

Nouvelles nationales d'APTN
icôn video Visionner la vidéo

 

Audio correspondante
Le début du programme d'art
icôn audioÉcouter le clip audio
National Arts Report, transcription sonore SRC: l'Afternoon Show
icôn audioÉcouter le clip audio